Après quoi courent-ils ? Courrier de l’Ouest, 8 novembre 2016.

Vendredi 11 novembre 2016, plusieurs milliers de personnes, dont un maximum de vétérans, sont attendus au départ des épreuves de la 42e édition. Paroles d’anonymes.


Ils ont perdu leur privilège « historique » mais… ils en sont ravis. Ils, ce sont les vétérans de plus de 49 ans qui, depuis 1981, avaient pris leurs (vieilles) habitudes à Pignerolle. Tous les 11 novembre, ils étaient les premiers arrivés dans le parc bartholoméen. A l’heure où les plus jeunes dormaient encore, à 8 h 45, eux s’élançaient avec bravoure dans la rosée matinale sur un parcours de « seulement » un petit peu plus de 4 000 mètres. « Trop court. Bien trop court pour nous », s’amusent ces vétérans qui, comme le résume à merveille l’un deux, Jacques de son prénom, répondent à une maxime : « Plus on est vieux et plus on est long à chauffer. Les petites distances ne sont pas faites pour nous… »


L’an dernier, c’est donc avec un plaisir non dissimulé que ces anciens ont appris que le cross du Courrier de l’Ouest innovait et remplaçait les courtes distance vétérans par une épreuve plus à leur convenance : « Les Grandes Foulées » et leurs 10 300 mètres. Cette année encore, à partir de 9 heures, ils y côtoieront des centaines de non-licenciés ainsi que les plus jeunes licenciés (Ndlr : les espoirs et seniors sont obligés de disputer les courses des As). Et si ces dix « bornes » les effraient, ils pourront toujours se rabattre sur la nouveauté 2016 des « Foulées du Parc », épreuve de 6 720 mètres dont le départ sera donné à 10 h 15. Qu’ils s’entraînent seuls, en petit comité ou bien encore en « troupeau », comme c’est le cas tous les mardis soirs du côté de Cantenay-Epinard, terrain de jeu de l’association La Trace, ces vétérans se tiennent prêts depuis plusieurs semaines pour le 11 novembre. Le cross du Courrier de l’Ouest, ils le courront. Pour plusieurs bonnes raisons.


1 Parce que c’est le cross du Courrier


« Le cross du Courrier, c’est une tradition angevine, confirme Daniel. Avec le temps, c’est presque devenu le « championnat du monde » du Maine-et-Loire ! »


« Des centaines d’athlètes jeunes ou moins jeunes y ont commencé à courir. C’est tellement facile : tous les niveaux sont représentés et tout le monde est mélangé. Tu viens comme ça, juste pour découvrir et tu y prends goût. Ensuite, tu prends le virus et tu continues à courir », complète Jacques, ravivant au passage quelques souvenirs de son camarade Gérard. « Le cross du Courrier, c’est ça qui m’a mis le pied à l’étrier, en 1975. Depuis, j’en suis à une soixantaine de marathons courus. »


Et puis qui dit cross du Courrier de l’Ouest dit aussi festivité. « C’est effectivement toujours un bon moment de convivialité », assure Jean-Paul. « On y retrouve toujours les amis, ceux qui courent bien sûr, mais aussi les autres, reprend Gérard. Et tout le monde se retrouve autour d’un vin chaud. » Bref, la tradition a encore de beaux jours devant elle. Parce que demain ressemblera toujours au… bon vieux temps.


2 Parce que courir fait se sentir bien


Jeunes ou moins jeunes, tout le monde est d’accord. « Courir participe à un équilibre de vie, avec la santé en ligne de mire », résument conjointement les vétérans. « Cela permet effectivement de garder la forme », ajoute Franck, tandis qu’Olivier met en avant un autre gros avantage dans la pratique athlétique. « Mentalement, la course à pied permet d’évacuer. Nos soucis et nos interrogations, on les laisse sur le bord du chemin. »


« Et puis, plus simplement, on court parce qu’on aime courir », conclut Florence qui, comme Yves, n’hésite pas à mettre en avant la liberté qu’offre la course à pied. « Il y a une vraie absence de contrainte et ça, c’est génial. On chausse ses baskets si et seulement on en a envie. Et quand on veut. »


3 Pour faire mieux, ou « au pire » aussi bien, que le voisin


Vendredi prochain, ils seront 5000, 6 000 peut-être même plus à prendre le départ des courses de la 42e édition du cross du Courrier. Parmi, ils ne seront qu’une dizaine d’athlètes à être animés par la volonté de vaincre à tout prix. Les autres, tous les autres, jureront courir « comme ça », sans autre ambition que d’atteindre la ligne d’arrivée. « Ce ne reflétera pourtant pas totalement la vérité. Au départ de la course, on a tous plus ou moins un chrono dans la tête », explique Gérard. « Certains d’entre nous ont joué au foot ou au basket pendant plus de 30 ans. Nous sommes donc toujours animés par l’esprit de compétition », complète Jacques. Mais chacun à son niveau. « Généralement, le but est de gratter le copain qui nous précède », conclut Gérard. Dans un sourire évidemment.


Tristan BLAISONNEAU

tristan.blaisonneau@courrier-ouest.com